Cinéma
Une chinoise
- 20h30samedi 18 Février 2012
APAC
- Xiaolu Guo – She, a Chinese -Royaume-Uni/France/Allemagne/2009
Samedi 18 février 20h30 - salle Le Kid
Que faire quand on est une petite campagnarde dans la Chine d’aujourd’hui? Végéter dans son village en espérant faire un beau mariage avec un cadre du Parti Communiste ? Ou, comme la débrouillarde Mei, rejoindre des millions de ses semblables parties travailler dans la grande ville.
Cette « Chinoise » est largement autobiographique. La réalisatrice y retrace, à travers le parcours de son héroïne en fuite perpétuelle, ses propres émotions et expériences, son propre rejet des assignations identitaires ou sociales auxquelles sont soumis les jeunes gens de sa génération.
Formée à Pékin, installée à Londres depuis 2002, Xiaolu Guo est imprégnée de références cinématographiques européennes qu’elle oppose à l’académisme d’une grande partie du cinéma chinois.
Son personnage se démarque de l’idée préconçue que l’Occident se fait de la jeunesse chinoise, prise en étau entre un communisme issu d’une révolution culturelle qui ne leur dit plus rien et un capitalisme d’affaires de plus en plus profondément implanté.
Au long des douze chapitres aux titres ironiques qui rythment le parcours de Mei, la cinéaste nous propose une vision plus existentialiste de l’individu, incarnée par cette jeune fille à la fois dure et fragile, déterminée mais perdue.
Léopard d’or au Festival de Locarno 2009
Cinéma
Morgen
- 20h30samedi 17 Mars 2012
APAC
- Marian Crisan – Morgen - Roumanie/France/Hongrie/2010
Samedi 17 mars 20h30 - salle Le Kid
Aux abords de la frontière entre Roumanie et Hongrie, la rencontre entre un vigile bourru et un immigré turc à la parole incompréhensible.
On découvre depuis peu en France les émules de la «Nouvelle Vague» roumaine. Morgen est ainsi l’occasion d’une rencontre avec un jeune réalisateur des plus prometteurs: Marian Crisan.
Dopé à une forme d’humour noir pince-sans-rire qui semble être la marque de fabrique de ce cinéma de l’Est, son premier long métrage aborde avec pudeur et humanité la question de l’immigration clandestine.
Soit, la rencontre entre deux antihéros: un vigile bourru et taciturne coincé dans une vie à la dérive et un clandestin turc, aussi obstinément volubile que rigoureusement incompréhensible.
Les deux comédiens incarnent à merveille, dans leurs silences, dans leur regard et leurs épaules voûtées, un sentiment d’impuissance et d’incommunicabilité autant qu’un désir de dialogue et de reconnaissance. Le film dévoile ainsi le fil de leur amitié par petites touches progressives et délicates.
A la fois dramatique et burlesque, dépouillé et sans manichéisme, il propose un instantané de la réalité européenne ubuesque d’aujourd’hui, avec ses frontières poreuses qui attirent toute la misère du monde.


