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Ensemble en résidence

Une saison en enfer

  • 20h30jeudi 14 Décembre 2017

la Scène nationale d'Orléans

Ensemble Cairn

L’Ensemble Cairn, en résidence à la Scène nationale, nous propose trois concerts.


> Découvrez l'Ensemble Cairn en live




En 1980, Gilbert Amy, compositeur français né en 1936 et collaborateur de Pierre Boulez au sein du Domaine musical dans les années 60, compose une partition pour récitant (enregistré sur une bande-son), piano, percussions et électronique à partir du texte Une saison en enfer d’Arthur Rimbaud. À la toute fin de la pièce surgissent deux voix : une voix de femme, soprano et une voix d’enfant, incarnant les doubles féminin et enfantin du poète. Le texte de Rimbaud est fondateur d’une poétique puissante qui nomme à la fois l’idéalité du verbe et sa faillite concomitante. Il est un cheminement moral, tout personnel et une lutte passionnée pour la liberté de penser qui est aussi la liberté d’être. Paul Verlaine dira plus tard qu’Une saison en enfer est une « Prodigieuse autobiographie psychologique, écrite dans cette prose de diamant qui est la propriété exclusive de son auteur. » Le texte est âpre, violent, comme peut l’être l’adolescence : implacable et sans concession. Mais c’est aussi comme l’écrit Yves Bonnefoy, la dimension implacable de l’échec. Une saison en enfer sera le dernier texte de Arthur Rimbaud, avant l’exil définitif, loin de la poésie.


Je tiens Une Saison en enfer pour l’un des textes les plus riches de la poésie et même de la littérature française. Tout ce qui touche à l’humain et au divin s’y trouve dans le désordre visionnaire, mais construit, d’un maître de la langue. De surcroît, ce texte écrit par un poète de 19 ans est le dernier que nous connaissons de Rimbaud, avant l’exil de la création. Il m’a semblé possible de reparcourir cet itinéraire fabuleux. Mon parcours est tout personnel : il n’était pas question de reproduire le texte in extenso. Il n’était pas question non plus de suivre un quelconque ordre « chronologique » (qui n’existe pas). C’est donc à une mise dans le temps – un temps musical – du poème que je me suis livré, également, si l’on veut, à une mise en résonance très multiple des fragments du poème les moins rebelles. Les éléments textuels utilisés sont empruntés à « Jadis… » – Mauvais Sang – Nuit de l’Enfer – Délires I (Vierge Folle) – Délires II (Alchimie du Verbe). Suivant les séquences, le poème est distribué entre trois voix représentant, à mes yeux, les trois faces de l’enfant-poète-homme Rimbaud (voix d’enfant, de femme, d’homme). À ces trois voix principales confiées à des comédiens, s’ajoute épisodiquement celle de l’écrivain Jean Thibaudeau qui m’a aidé dans le découpage et la mise en place des textes. Ces voix sont traitées tantôt de façon linéaire, tantôt de manière chorale et polyphonique, tantôt encore, de manière fortement distordue par les procédés électroniques. Dans la dernière partie, la voix se fait chant, en miroir du poème dit : une voix de soprano et une voix d’enfant « en direct », mêlées à des fragments de choeurs enregistrés. Le piano et les percussions forment commentaire et contrepoint du discours fixé par le matériau électroacoustique. Ils sont la chair instrumentale et rythmique. Quant à ce matériau électroacoustique, il oscille entre « son purement artificiel » (par exemple : synthétiseur) et « son d’origine humaine travaillé », afin que se crée l’ambiguïté nécessaire selon moi, entre domaine électronique et domaine instrumental. La partie acousmatique d’Une saison en enfer a été réalisée sur huit pistes dans les studios de l’INA-GRM en 1979, avec le précieux concours de Yann Geslin qui m’a constamment assisté dans toutes les étapes de la composition électroacoustique. La création publique a eu lieu en mai 1980 à Radio France et a donné lieu à un enregistrement publié dans la collection INA-GRM. Au printemps 1991, j’ai réalisé un nouveau mixage de la bande, à l’aide des procédés électroacoustiques actuels, dans le cadre de SONUS (CNSM de Lyon), et avec la collaboration de Christophe Germanique. Un enregistrement (en CD) a été effectué à partir de cette « nouvelle version ».
Gilbert Amy



Nos rendez-vous
Jeudi 14 à l'issue du spectacle - Salle Barrault, Théâtre d'Orléans
Rencontre avec l'équipe artistique de l’ensemble Cairn et le compositeur français Gilbert Amy



Ensemble Cairn
Piano, percussions Caroline Cren
Percussions Sylvain Lemêtre
Soprano Léa Trommenschlager
Maîtrisien Igor Semesies
Chef de chœur Marie-Noëlle Maerten
Régisseur général Thomas Leblanc
Ingénieur du son Sébastien Naves
Avec la collaboration de la Maîtrise de Radio France / Sofi Jeannin Directrice Musicale

Chansons sur des textes de Verlaine
Maurice Ravel Un grand sommeil noir
Claude Debussy Clair de lune
Claude Debussy Il pleut dans mon coeur

Chansons sur des textes de Rimbaud
Benjamin Britten Villes
Benjamin Britten Départ

Gilbert Amy Une saison en enfer



Jeudi 14 décembre 20h30 − Salle Barrault
Tarifs de 10€ et 20€
Durée 1h10


« Je tiens Une Saison en enfer pour l’un des textes les plus riches de la poésie et même de la littérature française. Tout ce qui touche à l’humain et au divin s’y trouve dans le désordre visionnaire, mais construit, d’un maître de la langue. De surcroît, ce texte écrit par un poète de 19 ans est le dernier que nous connaissons de Rimbaud, avant l’exil de la création. Il m’a semblé possible de reparcourir cet itinéraire fabuleux. Mon parcours est tout personnel : il n’était pas question de reproduire le texte in extenso. Il n’était pas question non plus de suivre un quelconque ordre « chronologique » (qui n’existe pas). C’est donc à une mise dans le temps – un temps musical – du poème que je me suis livré, également, si l’on veut, à une mise en résonance très multiple des fragments du poème les moins rebelles. Les éléments textuels utilisés sont empruntés à « Jadis… » – Mauvais Sang – Nuit de l’Enfer – Délires I (Vierge Folle) – Délires II (Alchimie du Verbe). Suivant les séquences, le poème est distribué entre trois voix représentant, à mes yeux, les trois faces de l’enfant-poète-homme Rimbaud (voix d’enfant, de femme, d’homme). À ces trois voix principales confiées à des comédiens, s’ajoute épisodiquement celle de l’écrivain Jean Thibaudeau qui m’a aidé dans le découpage et la mise en place des textes. Ces voix sont traitées tantôt de façon linéaire, tantôt de manière chorale et polyphonique, tantôt encore, de manière fortement distordue par les procédés électroniques.
Dans la dernière partie, la voix se fait chant, en miroir du poème dit : une voix de soprano et une voix d’enfant « en direct », mêlées à des fragments de choeurs enregistrés. Le piano et les percussions forment commentaire et contrepoint du discours fixé par le matériau électroacoustique. Ils sont la chair instrumentale et rythmique. Quant à ce matériau électroacoustique, il oscille entre « son purement artificiel » (par exemple : synthétiseur) et « son d’origine humaine travaillé », afin que se crée l’ambiguïté nécessaire selon moi, entre domaine électronique et domaine instrumental. La partie acousmatique d’Une Saison en enfer a été réalisée sur huit pistes dans les studios de l’INA-GRM en 1979, avec le précieux concours de Yann Geslin qui m’a constamment assisté dans toutes les étapes de la composition électroacoustique. La création publique a eu lieu en mai 1980 à Radio France et a donné lieu à un enregistrement publié dans la collection INA-GRM. Au printemps 1991, j’ai réalisé un nouveau mixage de la bande, à l’aide des procédés électroacoustiques actuels, dans le cadre de SONUS (CNSM de Lyon), et avec la collaboration de Christophe Germanique. Un enregistrement (en CD) a été effectué à partir de cette « nouvelle version ». »
Gilbert Amy


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